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Les identités sexuelles

La « nature » nous attribuerait-elle un sexe, masculin ou féminin, qui déterminerait définitivement notre identité sexuelle ? Ou faut-il, comme l’avancent les tenants des études de genre, privilégier le rôle de l’éducation, de la culture, des normes sociales dans la construction de ces identités ? Cette polémique fait l’objet de vifs débats dans la communauté intellectuelle et scientifique. Et si tous avaient à la fois tort et raison ? Car cette opposition binaire (nature/culture) paraît aujourd’hui voler en éclat. Les innombrables recherches – qu’elles viennent de la biologie ou des sciences sociales – mettent en évidence des identités de sexe riches de variations, dans leur expression génétique, anatomique, sociale et psychologique. En montrant l’influence de l’environnement sur notre substrat biologique (l’épigenèse), les neurosciences sont en train de rendre obsolète la vieille dichotomie inné-acquis.


Plus permissives et ouvertes à la diversité des choix des individus, les sociétés contemporaines montrent d’ailleurs un grand brouillage dans les identités sexuées. Les critères d’une virilité qui a longtemps joué comme une norme obligatoire pour les hommes semblent se transformer. Du coup, « la carapace du macho se fissure », donnant à voir des hommes plus enclins à se rapprocher de valeurs que l’on a longtemps dites féminines. De leur côté, les femmes offrent toute une palette de figures, allant de l’hyperféminité aux mixages les plus improbables de féminité et de masculinité, remettant en question l’existence d’un « éternel féminin ». Mais il y a plus : on peut être un homme anatomiquement et se considérer comme une femme, ou l’inverse. C’est le cas des transsexuels qui osent aujourd’hui se montrer, transforment de plus en plus leur corps et affichent leur différence.


En matière d’orientation sexuelle, les tabous tombent également. À l’heure où les homosexuels ont fait leur coming out, en réclamant le droit de vivre en couple et de fonder des familles, on commence à s’apercevoir que les pratiques hétéro, homo ou bi ont toujours existé dans les sociétés occidentales depuis l’Antiquité, ou dans les autres cultures étudiées par les ethnologues. 


Si les normes sociales, politiques, religieuses ont longtemps joué un grand rôle et le jouent encore, on voit bien finalement que la réalité de ce qui différencie les individus, leur identité et leurs orientations sexuelles reste toujours un peu énigmatique. Mais n’est-ce déjà pas un grand progrès de le comprendre et de l’admettre ?  Articles à acheter en ligne pour lire le dossier SciencesHumaines Mars 2012

Système scolaire:
La fonction du système scolaire n’est pas seulement de transmettre des savoirs d’une génération à la génération suivante, mais aussi, dans une société divisée en classes sociales hiérarchisées, de sélectionner ces savoirs à transmettre
en fonction de publics scolaires différenciés. Or on a beaucoup insisté sur la différenciation par classes sociales et les inégalités qu’elle produit. Cette dernière est certes très importante
et toujours d’actualité, mais elle se combine avec une différenciation par sexe que l’on n’a commencé à étudier que beaucoup plus récemment: à l’intérieur de chaque classe sociale
existe une différenciation selon le sexe. La logique du système scolaire ne devient intelligible qu’en combinant ces deux variables.
Extrait du document Profession banlieue, conférence de Nicole Mosconi  
& Synthèse de la conférence
Argumentaire Egalité filles - garçons à l'école        
Société :
LES FEMMES OCCUPENT DES EMPLOIS OÙ LE TRAVAIL SEMBLE MOINS ÉPANOUISSANT 
Globalement, les femmes occupent des emplois où le travail est moins formalisé mais où elles disposent de moins de marges de manoeuvre que les hommes. Elles exercent moins souvent des responsabilités hiérarchiques et accèdent moins facilement à des formations. Elles se déclarent plus souvent débordées dans leur travail que les hommes, en particulier quand elles ont de jeunes enfants. Pour faire face à une surcharge de travail ou à des tâches délicates, elles estiment moins fréquemment que les hommes pouvoir disposer d’une aide, en interne comme en externe.
Moins confiantes dans l’utilité de leur travail, elles sont aussi moins satisfaites de leur salaire compte tenu du travail réalisé. En contrepartie, leurs horaires de travail sont en moyenne moins contraignants et plus prévisibles, elles dépassent moins souvent les horaires de travail habituels et amènent moins souvent du travail à la maison. Les différences ici observées renvoient à la fois à la répartition, différenciée selon le sexe, des professions (hommes et femmes n’exerçant pas les mêmes métiers) et à des différences entre sexes au sein même d’une profession.


Barbie a 50 ans !!!
- Cinquante ans après sa création, la poupée Barbie reste un phénomène. La multinationale Mattel en a fait une star internationale qui a bercé plusieurs générations de petites filles, admiratives devant le monde clinquant de la belle blonde.
- Le documentaire Le monde selon Barbie (diffusé sur France5, 2009) s’intéresse aux méthodes marketing qui ont fait d’elle une icône. Simple poupée mannequin à ses débuts, Barbie est devenue en moins d’un demi-siècle une marque de prêt-à-porter, d’accessoires, de cosmétiques et même le nom d’une maison d’édition.
- Mais la poupée n’a presque pas évolué, et cet immobilisme lui a valu les quolibets des féministes, qui voient en elle une caricature de la féminité, une représentation du machisme ambiant. Bref, elle est devenue la représentation d’une anti-journée de la femme aux prises avec la domination masculine.
- A noter qu’en 2003, Mattel a dû retirer des ventes, aux Etats-Unis, la poupée enceinte de Midge, meilleure amie de Barbie, après la colère de certains consommateurs scandalisés de la voir assumer sa grossesse sans son mari dans l’emballage. Barbie n’a pas fini de faire parler d’elle : à quand une Barbie libérée, égale à l’homme ?

 


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Réjouissante comédie sociale anglaise, We Want Sex Equality raconte comment, en 1968, une poignée d’ouvrières acquit la parité salariale. Une histoire vraie. VOIR EN LIGNE : Texte - Avant. En 1968, l’usine Ford de Dagenham (Grande-Bretagne) employait 55 000 personnes, dont 187 femmes. 183 d’entre elles sont couturières, chargées d’assembler des revêtements de siège de voitures. Mais Ford les paie 15 % de moins qu’un salarié masculin. Afin d’être reclassées, elles se mettent en grève. Puis revendiquent la parité salariale. Au siège américain de Ford, on sourit. Jusqu’au jour où l’assemblage des voitures est bloqué. En trois semaines, l’entreprise perd 8 millions de livres et menace de délocaliser. Le Premier ministre, Harold Wilson, charge Barbara Castle, secrétaire d’Etat à l’Emploi et à la Productivité, de régler le problème. Ce qu’elle fera en recevant huit grévistes, à qui elle promet de légiférer. En 1970, l’Equal Pay Act contraint les employeurs à rémunérer également hommes et femmes. - Après. Plutôt que de jouer la carte du réalisme pur et dur, We Want Sex Equality surfe sur la comédie sociale, dont les Britanniques ont le secret. Dans les faits, les grandes lignes sont respectées. Mais si Barbara Castle et Harold Wilson sont bien là, les autres noms ont été changés et l’héroïne, Rita O’Grady, à la tête du mouvement à cause d’une langue bien pendue, n’existe pas. Son personnage a été imaginé à partir de divers témoignages d’authentiques grévistes de l’époque. Lesquelles, présentes au générique de fin, ont déclaré, dans le quotidien The Independent, que le film était proche de la réalité, à une exception près. Au début, on les découvre derrière leurs machines en tenue plus que légère à cause de la chaleur, étouffante dans l’atelier. "C’était absolument interdit, et quand bien même, nous aurions eu trop de fierté pour nous habiller ainsi", rappelle une ouvrière retraitée. Mais quand la légende est plus belle que la réalité...


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