HomoEdu - le site éducatif sur les questions d'homophobies et homosexualités, ressources

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L'invention de l'hétérosexualité

Par Louis-Georges Tin, Maître de conférence à l'IUFM-Orléans, enseigant à l'EHESS. Un article de Sciences Humaines, Mars 2012.

La culture hétérosexuelle n’est qu’une construction parmi d’autres. Si elle domine dans les représentations des sociétés occidentales, elle n’est ni forcément naturelle ni universelle. Depuis des siècles, des milliers d’ouvrages ont été consacrés au mariage, à la famille, à l’amour ou à la sexualité des hétérosexuels. En fait, l’hétérosexualité en tant que telle n’apparaissait guère dans ces écrits, en général point de vue, donc point aveugle de toute vision. Dès lors, l’absence de réflexion sur l’hétérosexualité est en elle-même un fait remarquable, quoique rarement remarqué. 
Pourtant, le monde qui nous entoure est tout entier obsédé par l’imaginaire du couple hétérosexuel : les contes de l’enfance, les romans des adultes, le cinéma, les médias et les chansons populaires, tout célèbre à l’envi le couple de l’homme et de la femme. Exaltée comme si elle était un objet culte, l’hétérosexualité est en même temps négligée comme si elle n’était qu’une routine sociale. Elle constitue un sujet orphelin, totalement ignoré par la communauté intellectuelle, ignoré par la société tout entière en fait.
 Sur l’hétérosexualité, les questions les plus simples n’ont guère été posées. À commencer par la question des causes. En effet, quelle est donc l’origine de l’hétérosexualité ? Bien qu’en général, l’hétérosexualité semble la chose la plus « naturelle » du monde, il paraît assez difficile d’en rendre raison en termes biologiques. Or, rares sont ceux qui se sont demandé si l’attirance pour l’autre sexe était commandée par un mécanisme physiologique quel qu’il soit.
 
 L’hétérosexualité est-elle naturelle ?
 Pour le sens commun, la réponse est claire : la raison d’être de l’hétérosexualité, c’est la reproduction de l’espèce, raisonnement qui tend à rechercher l’origine dans la fin. À défaut de la cause efficiente (serait-ce un phénomène anatomique, hormonal, neuronal, génétique ?), l’on tiendrait du moins la cause finale : l’origine de l’hétérosexualité résiderait dans sa finalité génésique.
 Mais cette explication n’est guère satisfaisante. Tout d’abord, elle ne permet toujours pas de localiser le principe actif expliquant le comportement hétérosexuel. Est-il dans le cerveau, dans les gènes, dans les hormones ou ailleurs ? Ensuite, à supposer que l’on puisse ainsi expliquer le caractère hétérosexué de la reproduction biologique, il est sans doute plus difficile de rendre compte du caractère hétérosexuel de l’organisation sociale. De fait, une fois la copulation accomplie, il n’y a pas de nécessité apparente à ce que le couple se maintienne. C’est de fait ce qui se passe chez la plupart des mammifères, qui se séparent rapidement, comme le montrent dans l’ensemble les études d’éthologie.
 Même chez les primates qui vivent souvent en société, il serait tout à fait inexact de voir une quelconque hétérosexualité au fondement de l’organisation sociale. Bien sûr, la reproduction biologique est hétérosexuée. Mais, de manière beaucoup plus complexe, la vie sociale se fonde sur des rapports de dominance, de rivalité, de coopération et de fonctionnalité assez stricts : le couple hétérosexuel est rarement la cellule de base de l’organisation du groupe et, dans bien des cas, il n’est même pas nécessaire à l’éducation des petits. De ce fait, il est clair que l’hétérosexualité n’est pas ce qui règle d’ordinaire les sociétés animales. Il existe sans doute une sorte d’« instinct » qui pousse les individus d’un sexe vers ceux de l’autre sexe pendant l’œstrus, et ce comportement est hétérosexué. En réalité, les sociétés animales ne sont guère hétérosexuelles. D’une manière générale, la science biologique n’apporte pas de réponse sur l’origine de l’hétérosexualité, qui demeure largement inexplicable.
 Dès l’origine, la psychanalyse naissante a clairement remis en cause l’illusion selon laquelle l’hétérosexualité serait chose naturelle. Ainsi, en 1905, dans les Trois Essais sur la théorie sexuelle, Sigmund Freud écrivait : « L’intérêt exclusif de l’homme pour la femme est aussi un problème qui requiert une explication et non pas quelque chose qui va de soi. » Pour lui, l’hétérosexualité n’était pas une donnée immédiate de la conscience. Comme il l’expliquait dans le même essai, « l’intérêt sexuel exclusif des hommes pour les femmes est aussi un problème qui nécessite d’être élucidé et ce n’est pas un simple fait fondé sur une attirance qui ressortirait en dernier ressort d’une nature chimique ». Loin d’être une donnée naturelle, chimique ou biochimique, l’hétérosexualité était donc à ses yeux, comme l’homosexualité du reste, le résultat de l’histoire psychique de l’individu.
 En évoquant par ailleurs la bisexualité originelle de l’enfant, Freud entendait ainsi montrer que l’hétérosexualité est le résultat d’un apprentissage psychique fort difficile, qui se construit dès la plus tendre enfance. En 1920, dans Névrose, psychose et perversion, il affirmait encore : « Il faut se dire que la sexualité normale, elle aussi, repose sur une restriction du choix d’objet. » En ce sens, la psychanalyse entendait démontrer que l’hétérosexualité n’était nullement une disposition innée. Toute l’analytique des complexes, du complexe d’Œdipe en particulier, tendait à le prouver. Cependant, malgré l’extrême diffusion de tous les discours de Freud, l’idée selon laquelle l’hétérosexualité serait une disposition acquise, aussi problématique en somme que l’homosexualité, demeura tout à fait étrangère à l’immense majorité du public, et même des psychanalystes.
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   A Berlin, la lutte contre l'homophobie commence à l'école primaire

Le Sénat de Berlin a mis en place un programme pour lutter contre l’homophobie en passant par l’apprentissage de la tolérance dès la petite enfance. Attention, celui qui traite son voisin de «sale pédé» sera collé!Dès ce lundi, jour de la rentrée en Allemagne, une valise composée de 25 livres, jeux et disques audios viendra à la rescousse des instits et parents d'élèves berlinois pas toujours à l’aise avec les questions que leurs petites têtes blondes leurs posent. Car, dans ces nouveaux contes racontés à l’école (comme King and King, couverture ci-contre), le prince ne se marie pas forcément avec la princesse et les enfants apprennent comment deux femmes peuvent faire des bébés.
Destiné également aux adultes, le programme approuvé par le Land de Berlin apprendra notamment comment réagir lorsqu'un enfant insulte un autre d'homo. «Nous montrons tout ce qui fait la réalité d'aujourd'hui».
Pour accompagner sa politique de sensibilisation, l'administration berlinoise s'apprête à envoyer dans les prochains jours une lettre en allemand mais aussi en turc et en arabe aux parents d’élèves, leur expliquant l’intérêt d’avoir des cours de tolérance dès le plus jeune âge.
Selon Conny Kempe-Schälicke, chef de file de l'initiative, «il s’agit de la diversité au sens large, loin des schémas classiques maman-enfant-famille. Nous montrons tout ce qui fait la réalité d’aujourd’hui». Suite de l'article sur TETU.COM

Express infos : Chatel ne retirera pas les nouveaux manuels de SVT:
Le ministre de l'Education a indiqué ce mercredi qu'il ne céderait pas à la demande de 80 députés UMP de retirer un manuel de SVT qui aborde la théorie du genre.
Le ministre de l'Education nationale n'exerce pas "droit de vie et de mort sur un manuel" scolaire, a répondu mercredi Luc Chatel aux 80 députés UMP réclamant le retrait du nouveau manuel de SVT Hachette. Ils contestent un chapitre sur l'identité sexuelle des individus qui aborde la théorie du genre. Apparue aux Etats-Unis dans les années 70, cette théorie avance que masculinité et féminité sont des constructions sociales.
Luc Chatel a précisé sur RTL que les programmes de l'Education nationale ne faisaient pas référence à cette théorie mais qu'il n'avait pas à intervenir dans les choix éditoriaux de tel ou tel éditeur scolaire. "Le ministre de l'Education nationale n'est pas chargé d'éditer les manuels. Le ministère est chargé de rédiger les programmes", a-t-il expliqué. "Ensuite, ces programmes sont mis à disposition d'éditeurs scolaires, et les éditeurs ont une totale liberté éditoriale. Ce n'est pas le ministre de l'Education qui exerce droit de vie et de mort sur un manuel", a-t-il ajouté. Pour les élus UMP, la théorie du genre est "une théorie philosophique et sociologique qui n'est pas scientifique".

La théorie du genre au coeur du débat
Dans le manuel en question, il est écrit que "le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle" mais que "ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin". "Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socioculturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l'autre", poursuit le manuel.
Les députés ont reçu ce mercredi le soutien du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé. Le Parti socialiste et le syndicat Unsa-Education ont pour leur part dénoncé une initiative rétrograde.

Plus d'infos sur le site de l'express.fr, interview de P. Meirieu
Article de Luc Cedelle : Education sexuelle et théorie du genre , Polémique de mai ne s’éteint pas en été

L'homosexualité enseignée à l'école : une pilule qui passe mal
L'introduction, dans les manuels scolaires de la rentrée, d'un chapitre sur l'orientation sexuelle heurte plusieurs associations familiales. Lire l'article de Libération

Communiqué du CLGBT Paris: Manuels de SVT, Luc Chatel ne les retirera pas, nous y veillerrons!
Les interventions  contre
l’Homophobie
en milieu scolaire et en formation professionnelle
dans l'académie d'Orléans - Tours : Notre association organise depuis 2008 des interventions en milieu scolaire sur l'homophobie. Ces interventions, créées dans le cadre des instructions de l’Éducation Nationale et de la HALDE, font l’objet d’un agrément du Rectorat de l’Académie Orléans-Tours délivré le 10 mars 2009 pour une durée de 5 ans.  Nos interventions sont réalisées par des personnes de l’association, spécialement formées, et sont soumises à la charte des interventions en milieu scolaire de l’association nationale SOS HOMOPHOBIE  Téléchargez notre document de présentation   pour connaître le contenu de nos interventions et les modalités pour les organiser dans votre  établissement : Brochure de présentation des Interventions en Milieu Scolaire contre l' Homophobie: Download Ressources complémentaires :  La charte des interventions en milieu scolaire – cliquez ici  Recommandations Halde sur la prévention – cliquez ici Les Rapports annuels  sur l’homophobie – cliquez ici Etude de la Halde sur la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires – cliquez ici  Panneau d’exposition 20 ans du GAGL – « Lutte contre l’Homophobie » – Cliquez ici  http://www.groupeactiongayetlesbienloiret.org/

  L'humour, une arme de destruction massive ?  Rod A. Martin a également identifié que l’humour permet une meilleure intégration sociale. Mais peut en contrepartie servir d’échappatoire, voire de mécanisme de défense inconscient. «Rire peut être une manière de se rehausser soi-même, au détriment d’autrui», fait encore remarquer Paul Jenny. Et si une certaine forme d’humour, ségrégationniste et excluant, était la marque de l’hyper-individualité de notre époque? Ou alors s’agit-il d’un outil de recul permettant de mieux y faire face? «Mieux vaut en rire qu’en pleurer», dit le vieil adage… J.P. A lire l'article de 360°
Adolescents homosexuels : la révélation
Ils sont adolescents et homosexuels. A l’âge des premiers amours, ils découvrent le rejet et l’angoisse. Affirmer aujourd’hui sa différence n’est pas chose facile. Comment vivre son homosexualité ? Comment le dire ? Cette différence est très chère payée, parfois jusqu’à la mort. Léa, Anthony, Lysiane, Franck ont vu leur vie bouleversée par leur Coming Out, l’instant qui signe la fin des secrets auprès de la famille et des proches. Certains de ces enfants ont été jetés à la rue par leurs parents. Aujourd’hui ces jeunes en ont assez de se taire, de se cacher… Nous sommes allés à leur rencontre. Parcours d’adolescents qui veulent sortir de la clandestinité… A visage découvert. Si vous souhaitez le voir ou le revoir, vous pouvez le visionner en cliquant sur ce lien
Réaction :

Comment peut-on accepter en France, en 2011, que le coming out d’adolescents homosexuels soit toujours aussi problématique pour ne pas dire douloureux ? Des années de travail fourni par nos associations aidées de façon insuffisante par des pouvoirs publics, par des médias, par des créations artistiques, littéraires, cinématographiques, en tous genres, pour en arriver là !  Des adolescents du Refuge de Montpellier ou de l’association Contact témoignent à visage découvert mais risquent l’incompréhension voire le rejet de ceux qui ignoraient leur orientation sexuelle.  Ils nous racontent leur vie, leur parcours difficile à cause des adultes. Leurs parents qui réagissent comme s’il ne savaient pas qu’une partie de la population est depuis toujours homosexuelle, que la frontière entre les orientations sexuelles est mouvante et pourtant, qui vont comme le père de l’un d’entre eux décider de placer leur enfant en famille d’accueil ; mais aussi l’administration complice qui envoie une assistante sociale convoquer l’adolescent pour un entretien au cours duquel on lui explique qu’il faut qu’il fasse des efforts pour son père ! Mais dans quel monde vivons-nous et à quelle époque ? Personne n’ignore que les jeunes gays, lesbiennes et trans. ont 4 fois plus de risque de se suicider que les autres adolescents, qu’ils vont subir insultes, brimades voire agressions à l’école et dans la société en général, qu’ils risquent le rejet de leur famille et de parfois se trouver à la rue et déscolarisés, sans compter que le regard des autres génère une mésestime de soi qui peut produire des effets psychologiques désastreux.   Entendre des collégiens répondre aux militants qui rencontrent une classe pour sensibiliser contre l’homophobie que « s’ils étaient homo ils ne le diraient pas car ils en auraient trop honte » est terrifiant ! Sommes-nous dans les années 50 au fin fond d’une campagne reculée ? Non hélas et n’importe où en France, il y a fort à parier que nombre de collégiens répondraient exactement de la même façon ! Cet excellent reportage qui avait pour but de parler du coming out des jeunes homos afin de faire le point, aboutit à un constat particulièrement attristant et surtout révoltant. Qu’attendent donc les pouvoirs publics pour agir et mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour combattre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie et leurs corollaires, le sexisme tout aussi destructeur à l’égard des filles et des femmes et l’hétérosexualité normative qui détruisent chaque jour tant de jeunes, au minimum, compromettent fortement leur avenirL’éducation nationale porte une lourde responsabilité dans ce domaine, pas de programmes luttant clairement contre le sexisme ni les LGBTphobies, tant de références (manuels scolaires, ouvrages…) imprégnés de valeurs sexistes et homophobes,  tant d’enseignants homophobes ou à l’inverse qui craignent d’être associés à l’homosexualité s’ils abordent ces sujets ; ça ne peut plus durer. Le Centre LGBT Paris IdF n’est pas seul à considérer qu’il est bien de la responsabilité de la société toute entière de s’engager pour évoluer vers une société de respect mutuel des différences.  Tant que des adolescents subiront de telles violences, nous vivrons dans une société qui n’a de civilisé que le nom. Pour le Centre LGBT Paris IdF, Christine Le Doaré, présidente



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Interview des membres du Projet Lycée sur leurs interventions contre l'homophobie en milieu scolaire, une initiative à Montpellier






LIVRES DE REFERENCE A COMMANDER CHEZ  HARMATTAN EDITIONS POUR  INTERVENIR EN CLASSE SUR LES QUSTIONS DE SEXISME ET HOMOPHOBIE


interview
SouvenirsEn 2009, Robert Badinter exprime que la répression de l'homosexualité est un outrage à l'humanité ! L'intervention de Robert Badinter contre la pénalisation de l'homosexualité prononcée lors du "Congrès international sur les droits de l'homme, l'orientation sexuelle et l'identité de genre" à l’Assemblée nationale le 15 juin dernier à l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie, est désormais disponible en vidéo sur Internet. - L'ancien ministre de la Justice de François Mitterrand, ancien président du Conseil constitutionnel y déclare notamment : "Victor Hugo disait que la peine de mort était le signe permanent et universel de la barbarie humaine. Je dis qu'il en va de même de la répression de l'homosexualité".


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film

Just A Question of Love
Un clip réalisé par un fan du téléfilm français sur une belle musique de Gavin DeGraw : "Follow Through". Bravo au réalisateur ! Aucune infraction de droit d'auteur, selon le réalisateur



reportage






A Paris, le 14 février 2010, un Kiss in à Paris, place Saint-Michel pour la Saint Valentin des Amoureux...






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À savoir :

◊ Durant tout le Moyen Âge en Europe, l’homosexualité est combattue, notamment par l’Inquisition, sous le nom de « bougrerie ».


◊ La doctrine nazie considère les homosexuels comme des « criminels contre la race ». Entre 5 000 et 10 000 furent enfermés dans les camps.


◊ 1973 : l’Association américaine de psychiatrie retire l’homosexualité de sa liste des maladies mentales (DSM-IV).


◊ 1982 : la France dépénalise définitivement l’homosexualité.


◊ 1990 : l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie par l’OMS.


◊ 2008 : une déclaration est lue à l’Assemblée générale des Nations unies, portée par 68 pays.


On ne choisit pas d'être homosexuel :

Durant l’Antiquité, l’homosexualité était courante et relativement tolérée (1). Puis certaines sociétés se sont fermées. L’homosexuel est alors devenu un paria moqué, méprisé, malmené et condamné. Sous le régime nazi, des milliers d’homosexuels, considérés comme des « criminels contre la race », furent déportés dans les camps. Au même moment, le régime soviétique inscrit l’homosexualité dans le code pénal. Aujourd’hui encore dans sept pays musulmans (Arabie Saoudite, Iran, Yémen, Mauritanie, Soudan, Nigeria et Somalie), l’homosexualité est passible de la peine de mort (2).

Dans de nombreux autres pays, l’homosexualité fut criminalisée ou psychiatrisée : en Grande-Bretagne, l’homosexualité est restée illégale jusqu’en 1967 ; aux États-Unis, elle fut rayée de la liste des maladies mentales en 1973. Longtemps après, elle est restée infamante, et le reste encore dans de nombreux milieux.
 Dans ces conditions, on peut se demander pourquoi certaines personnes ont opté pour une pratique sexuelle aussi coûteuse sur le plan humain ?


La réponse est peut-être tout simplement qu’il n’avait pas le choix ! Tel est en tout cas l’avis de Jacques Balthazart, auteur de Biologie de l’homosexualité et pour qui « on naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être » (3).

J. Balthazart est neuroendocrinologue. Il soutient dans son livre que l’homosexualité n’est pas un choix mais est déterminée par des causes biologiques. Pour défendre sa thèse, il s’appuie sur une série de recherches menées dans les pays anglo-saxons sur les liens entre hormones et sexualité.

Précisons d’abord que l’homosexualité dont il parle ne relève pas de pratiques de circonstances : celles des prisons, des pensionnats, des monastères, liées à l’absence de mixité dans un même lieu. De même, il n’envisage pas l’homosexualité comme pratique initiatique ou comme simple « expérience ». L’homosexualité dont parle J. Balthazart relève d’une orientation sexuelle stable qui apparaît en même temps que le désir sexuel.


L’influence hormonale sur l’homosexualité
, une thèse sulfureuse ?

La réponse est peut-être tout simplement qu’il n’avait pas le choix ! Tel est en tout cas l’avis de Jacques Balthazart, auteur de Biologie de l’homosexualité et pour qui « on naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être » (3).

J. Balthazart est neuroendocrinologue. Il soutient dans son livre que l’homosexualité n’est pas un choix mais est déterminée par des causes biologiques. Pour défendre sa thèse, il s’appuie sur une série de recherches menées dans les pays anglo-saxons sur les liens entre hormones et sexualité.

Précisons d’abord que l’homosexualité dont il parle ne relève pas de pratiques de circonstances : celles des prisons, des pensionnats, des monastères, liées à l’absence de mixité dans un même lieu. De même, il n’envisage pas l’homosexualité comme pratique initiatique ou comme simple « expérience ». L’homosexualité dont parle J. Balthazart relève d’une orientation sexuelle stable qui apparaît en même temps que le désir sexuel.

J. Balthazart mobilise plusieurs arguments. Tout d’abord, l’injection d’hormones sexuelles sur des embryons de rats modifie leur orientation sexuelle à l’âge adulte. Ainsi, les rats mâles dont le cerveau n’est pas masculinisé ont tendance à préférer d’autres mâles aux femelles. Par ailleurs, chez les humains, certaines maladies endocrines suggèrent qu’un même type de déterminisme joue, car elles ont une forte incidence sur l’homosexualité.

Cette influence hormonale sur l’orientation sexuelle aurait donc lieu durant la phase fœtale, au moment de la « sexualisation du cerveau », et non après la naissance. C’est pourquoi les injections de stéroïdes sexuelles à l’âge adulte (pour le traitement de certaines maladies ou chez les sportifs) ne changent pas l’orientation sexuelle.

Après avoir rassemblé des études neuroendocrinologiques, épidémiologiques, génétiques convergentes, J. Balthazar en arrive donc à la conclusion que de forts déterminismes biologiques expliqueraient l’homosexualité, même si la causalité n’est sans doute pas unique.


Que penser de cette thèse pour le moins sulfureuse ? Sur le plan scientifique, J. Balthazart n’apporte pas de preuves directes et absolues d’un déterminisme biologique de l’homosexualité mais plutôt un faisceau d’arguments convergents en faveur de sa thèse. Sur le plan moral, sa théorie n’est pas particulièrement choquante : le rejet de l’homosexualité peut se faire autant en invoquant la nature ou la liberté de choix. L’Église catholique l’a condamnée parce qu’elle la jugeait « contre nature ». À l’inverse, la revendication des droits des homosexuels peut se faire au nom du respect des différences, indépendamment de savoir si cette différence relève ou non d’un choix initial.

NOTES

(1) Voir Georges Vigarello (dir.), L’Invention de la virilité. De l’Antiquité aux Lumières, t. I de Georges Vigarello, Jean-Jacques Courtine et Alain Corbin (dir.), Histoire de la virilité, Seuil, 2011.

(2) Le 1er janvier 2002, en Arabie Saoudite, trois hommes accusés de sodomie furent décapités.

(3) Jacques Balthazart, Biologie de l’homosexualité. On naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être, Mardaga, 2010.
Jean-François Dortier  Article complet à lire SciencesHumaines.com



 

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